Cadre politique du Sommet mondial
Un guide complet destiné aux administrations publiques pour la mise en œuvre de stratégies nationales adaptées aux besoins de leurs populations.
Un nouveau cadre stratégique en matière de santé oculaire, lancé lors de l'Assemblée mondiale de la Santé en 2025, définit les mesures que les administrations ou ministères peuvent prendre pour soutenir leurs propres priorités et mettre en œuvre des approches nationales adaptées aux besoins de leurs populations.
Ensemble, ces mesures contribueront à garantir l'accès universel aux soins ophtalmologiques, qui constituent un élément fondamental du bien-être, de la productivité et de la prospérité, et à faire en sorte que les personnes atteintes d'une cécité inévitable aient les moyens de participer à la vie en société et d'y apporter leur contribution.
Presque tout le monde sera confronté, au cours de sa vie, à un problème de santé oculaire ou de vision. Il s’agit d’un enjeu qui concerne l’ensemble du cycle de vie et qui nécessite une réponse proactive, coordonnée et intégrée de l’ensemble des pouvoirs publics. Des solutions politiques éprouvées et rentables existent déjà pour soutenir la prévention, le traitement et la réadaptation des affections oculaires et des troubles de la vision à toutes les étapes de la vie.
De 0 à 5 ans
Une bonne santé oculaire est essentielle pour les nouveau-nés et les tout-petits, car ils utilisent leur vue pour découvrir et comprendre le monde qui les entoure. Elle joue souvent un rôle déterminant dans leur bon développement et, s’ils sont détectés trop tard, non diagnostiqués ou non traités, les troubles de la vue peuvent entraîner un retard dans l’atteinte des étapes clés du développement, voire une perte définitive de la vue.
De 5 à 19 ans
Les troubles de la réfraction non corrigés constituent la principale cause de déficience visuelle chez les enfants d’âge scolaire et les adolescents ; leur prévalence est en hausse en raison de l’augmentation et de l’utilisation excessive des écrans, du travail de près dans le cadre scolaire, d’un mauvais éclairage et de la diminution du temps passé à l’extérieur. En 2020, 60 % des enfants en Asie et 40 % des enfants en Europe souffraient de myopie¹ ; on s’attend à ce que plus de la moitié de la population mondiale soit touchée d’ici 2050². La sensibilisation à l’importance de la santé oculaire et la mise en place de mesures visant à protéger la vision en milieu scolaire constituent un investissement judicieux, car des interventions précoces peuvent permettre de minimiser le fardeau croissant et futur de la myopie. Les programmes de santé oculaire en milieu scolaire offrent également un modèle efficace pour dispenser des soins ophtalmologiques et optimiser l’utilisation du temps et des ressources.
20 à 65 ans
Une mauvaise vue peut accroître le nombre d’accidents du travail, réduire la productivité et entraîner des pertes économiques. Les personnes souffrant de déficiences visuelles voient leur taux d’emploi diminuer de 30 %, ce qui alourdit la charge que représentent les soins de santé et l’aide sociale pour l’État et a un impact négatif non seulement sur les personnes directement concernées, mais aussi sur l’économie mondiale. Les soins préventifs, les dépistages ophtalmologiques réguliers et les examens de la vue peuvent permettre aux personnes âgées de rester actives sur le marché du travail et les aider à continuer à être des membres actifs, en bonne santé et productifs de la société. Il existe également un lien important entre la santé oculaire et les maladies non transmissibles (MNT). Des études récentes ont montré que les personnes souffrant d’une perte de vision ou de troubles oculaires sont plus susceptibles de présenter d’autres MNT que celles ayant une bonne vision, et que plusieurs des MNT les plus répandues, notamment le diabète, l’hypertension et les maladies coronariennes, peuvent entraîner des troubles oculaires si elles ne sont pas traitées à temps, et inversement.
65 ans et plus
La perte de vision chez les personnes âgées et les affections liées à l’âge sont également associées à une mortalité accrue, à des comorbidités, à un déclin cognitif, à des chutes, à l’isolement social et à une capacité limitée à prendre soin de soi. Or, la prévalence des troubles de la vision ne devrait cesser d’augmenter, notamment en raison du vieillissement de la population à l’échelle mondiale. La cataracte reste la première cause de cécité et l’une des principales causes de perte de vision dans le monde. Et ce, bien que la cataracte se traite facilement et que la chirurgie soit considérée comme une intervention rentable, susceptible d’augmenter les revenus et les dépenses des ménages et, par conséquent, de soutenir l’économie dans son ensemble. Tout au long de la vie Certaines interventions essentielles à la santé oculaire et à la vision concernent toutes les étapes de la vie ; il est important de reconnaître et de prendre en compte le fait que des facteurs démographiques, notamment le genre, déterminent les résultats en matière de santé oculaire chez les individus. Par exemple, on compte davantage de femmes que d’hommes souffrant d’une perte de vision dans toutes les catégories de déficience visuelle, et les femmes sont également moins susceptibles de disposer des moyens ou des informations nécessaires pour accéder aux services et aux traitements. Et si la lutte contre la perte de vision évitable constitue à juste titre une priorité mondiale, il est tout aussi important de garantir l’inclusion pleine et égale des personnes atteintes d’une déficience visuelle inévitable afin de veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte.
Une bonne vision est étroitement liée à la fois au niveau d'éducation et à l'accès à l'emploi. À l'heure actuelle, on estime que les troubles de la vision non traités entraînent une perte de productivité mondiale annuelle d'environ 411 milliards de dollars américains. En outre, on estime que 6,3 millions d'années de scolarité sont perdues chaque année, les pertes de productivité économique futures étant estimées à 173 milliards de dollars américains par an. S'attaquer à ce problème offre une opportunité évidente de dégager des gains de productivité substantiels, tant au niveau national qu'au niveau mondial.
Plus de 2 milliards de personnes souffrent d’une déficience visuelle et, pour plus d’un milliard d’entre elles, cette perte de vision aurait pu être évitée ou traitée. Cela représente un enjeu de santé publique majeur et en pleine expansion. Il est important de noter qu’il s’agit d’un défi qui peut être relevé efficacement, car plus de 90 % des cas de déficience visuelle peuvent être évités ou traités grâce à des interventions peu coûteuses, telles que la distribution de lunettes et la chirurgie de la cataracte.
La résolution de l'Assemblée générale des Nations unies de 2021 sur la vision, ainsi que d'autres déclarations politiques et engagements pris au cours de la dernière décennie, ont déjà permis de s'accorder sur le fait que la santé oculaire constitue un enjeu économique et de développement crucial, et qu'elle fait partie intégrante de la mise en œuvre de la couverture sanitaire universelle et des Objectifs de développement durable.
Nos documents d'orientation définissent une feuille de route claire et concrète permettant aux pays d'avoir un impact positif immédiat sur leur économie, leur main-d'œuvre, leurs établissements scolaires et leurs communautés.
Un guide complet destiné aux administrations publiques pour la mise en œuvre de stratégies nationales adaptées aux besoins de leurs populations.
Ce document présente les principales mesures que nous demandons aux dirigeants de prendre pour garantir l'accès universel aux soins ophtalmologiques.
La feuille de route mondiale visant à mettre fin à la cécité évitable d'ici la fin de la décennie.
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